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TeodorStefaroi
TeodorStefaroi

 

Interviewer :

Vassiliki V. Pappa 

 

 

 

 

 

 

 

 

VV: Teodor, vous appartenez à la grande famille de l’art. Parlez-nous de votre famille 
TS: Je suis le dernier des six enfants d’une famille du nord de la Roumanie, né sous la dictature des années 70, dans une charmante petite ville au confluent des nationalités, cultures et religions. A cette époque, la culture était une activité très présente dans la vie des gens autour de moi. Je pense que cela était dû aussi aux nombreuses restrictions du régime politique. Du fait d’être le plus jeune de la famille, j’ai commencé très tôt à lire et écrire et puis à dessiner les images que je trouvais autour de moi, dans des livres ou sur les murs, je pourrais dire donc que je dessine « depuis toujours ». J’ai eu une enfance vraiment, vraiment heureuse, jusqu’à ce que le Temps puisse m’adopter moi aussi...


VV: Vous travaillez et vivez en France, loin de la Roumaine. Qu’est-ce qu’il vous a motivé à choisir de rester occupé par le monde de l’art ? Comment et quand avez-vous commencé le voyage dans ce monde ?
TS: J’ai toujours su que j’étais un citoyen du monde et que l’esprit humain est le seul pays dont je reconnaissais les frontières. Mais j’avoue que la France m’a toujours attiré plus que d’autres pays, grâce à son histoire et son rôle dans l’évolution de la culture universelle. Alors, un jour, vers mes 26 ans, j’ai décidé d’aller vivre à Paris, bien que j’y avais jamais mis mes pieds et que j’y connaissais personne...Après cela, une période d’insertion a commencé et les leçons de la vie se sont succédées une après l’autre. Mais la maturation d’un artiste est un processus aussi étrange qu’inconnu, comme son inspiration. A ce propos, les passages difficiles ont été bien plus profitables pour moi, jusqu’en 2013, quand un drame profond m’a amené à une réinitialisation personnelle. Et alors, seul l’art a pu me ramener à moi et à la vie. Je me suis mis donc à peindre tout seul, dans mon coin, en autodidacte - ma formation scolaire étant en sculpture. Mes peintures sont l’illustration de mon histoire et de ma rémission : je suis quelqu’un qui avait redécouvert l’Art en tant que thérapie et, pour moi, ça a marché !


VV: Si vous n’aviez pas suivi le chemin de la peinture, où pensez-vous que vous seriez maintenant ?
TS: Je conçoit l’Art comme un ensemble, lui-même partie seulement d’un autre ensemble encore plus complexe. Dans mon adolescence, cette même curiosité m’avait poussé à faire de la musique. Aujourd’hui j’ai à la maison une petite collection de presque tous les instruments de musique communs, instruments dont j’en joue de temps en temps. Mais ma passion de fond ça a toujours été la Philosophie, donc je pense que sans l’art, j’aurais très bien pu être quelqu’un de passionné par la condition humaine, par les transformations de l’individu à travers son existence et celles de la communauté, sous l’égide du Temps.


VV: Qu’est-ce que la peinture signifie pour vous et quelles sont les influences qui ont marqué votre inspiration ?
TS: Je ne ferai ici l’apologie du Zen, je reste un fruit de ce « devenir occidental » et je vis avec mon présent. Cependant, j’apprécie particulièrement l’intimité, la méditation et les bienfaits de la vie privée. Ainsi, peindre, m’aide à retracer le chemin entre moi et les autres et à me rendre plus supportable cette relation conflictuelle. Je m’installe devant mon chevalet seulement par ce que j’ai quelque chose à dire et par conséquent je connais pas « la peur de la page blanche ». L’inspiration demeure un fait si difficile à décrire et chaque artiste a sa propre façon de la trouver. Pour moi, peindre c’est surtout comme un besoin de raconter aux autres des situations qu’aucun mot ne peut exprimer.


VV: Que ressentez-vous lorsque des gens se disent touchés par vos projets?
ST: Tout ce que nous sommes, c’est seulement à travers les autres que nous le sommes et tout ce que nous faisons, nous ne le faisons pas en dehors des autres. Nous portons en nous, encore plus évident lorsqu’on crée, notre semblable. C’est pourquoi m’est si chère l’idée du plaisir intellectuel partagé. En regardant une œuvre d’art, le spectateur reconstruit, chacun à sa manière, l’unité initiale entre le créateur et son univers, spectateur inclus. Et cette conviction fait que j’ai toujours eu une certaine difficulté à intégrer l’idée de mérite dans l’Art. Au fond, mon art n’est qu’un système de rémission, une méthode de survie, donc penser à quel point ça  touche les gens passe dans l’arrière-plan. Quand cela arrive, en revanche, ce n’est pour moi, certainement, q’un des plus purs plaisirs.


VV: Quel est votre artiste peintre étranger préféré ?
TS: Picasso, sûrement ! Pourtant j’ai eu beaucoup du mal à l’approcher, pendant des années... Seul la distance , malgré ce que j’aurais pu croire, m’a procuré le recul nécessaire pour commencer comprendre et sentir vraiment son message. Et une fois que la chimie de l’esprit avait commencé à fonctionner, il est devenu pour moi le miracle sans fin. « Picasso, ça se mérite... » Il faut avoir parcouru des immensités d’histoire d’art pour le comprendre car Picasso est le renouveau absolu! Il est difficile de trouver un chemin artistique aujourd’hui sans tomber dans son sillage. Car c’est lui qui a eu la perception la plus ample de la plasticité artistique.


VV: Combien c’est facile pour un peintre d’être distingué aujourd’hui ? C’est une question de talent ou plutôt d’une bonne promotion ?
TS: L’importance de la reconnaissance publique pour la création artistique est un très vieux débat. Nous avons déjà vu comment cette reconnaissance peut parfois être nuisible à la création-même ou comment des chefs-d’œuvre absolus ont émergé dans l’ignorance environnementale la plus totale. Aujourd’hui, en raison de l’extrême vulgarisation des techniques de création, nous assistons à une explosion de la sous-production artistique; cela peut en décourager certains et ralentir leur progression, mais ne peut être que bénéfique pour les vraies valeurs. Cependant, ça tient de la motivation la plus profonde de chaque artiste pour définir ses propres directions et objectifs dont il est appelé à poursuivre à travers son art.


VV: Y a-t-il eu un moment critique qui a changé votre vie ? Quelles sont les moments qui vous ont marqué émotionnellement ?
TS: Il y a eu plusieurs moments vraiment très critiques dans ma vie et je dois dire que cela a été pour moi le meilleur outil de connaissance et donc d’évolution personnelle. Ces moments-là où personne ne peut rien faire pour vous et où vous devez trouver en vous - même la force de s’en sortir, ils sont pas nombreux au cours d’une vie et ils deviennent inoubliables. C’est l’un des thèmes les plus récurrents de mon travail et le fond de la plupart des scènes que je raconte : le désespoir face à ses propres limites et celles imposées par les forces autour, par les épreuves de la vie. Mais puisque c’est mon laboratoire d’où je puise souvent mon inspiration, il doit rester, tant peu qu’il soit, comme les racines d’un arbre vivant : au secret...


VV: Où trouvez-vous le bonheur dans la vie de tous les jours ? Avez-vous le sentiment de l’avoir réellement trouvé ? Et si oui, combien est-il difficile de le découvrir, enfin ? Qu’est-ce qu’il vous fait dire que « la vie est belle »? Je pense aux moments où nous utilisons ces mots sans aucune seconde pensée.
TS: Malgré toutes les preuves que mon intellect a été capable de stoker au fil du temps, je continue être quelqu’un de foncièrement heureux. Un sentiment primaire, qui devient parfois embarrassant ou même incontrôlable...pourtant je pourrais dire que la déception c’est l’état d’esprit qui revient le plus souvent dans mes rapports à la vie. Ce bonheur irréductible, en tant que module prédéfini, c’est la condition existentielle de mon esprit ! Pour quelqu’un qui ne peut jamais être totalement heureux, la nature a dû anticiper son erreur en lui offrant une nature heureuse.

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